Enseignement supérieur · Ircom Angers · Formation continue
Mis à jour le 13 juillet 2026
Des étudiants venus de Lettres, d’Histoire ou de Droit n’ont pas besoin qu’on leur vende l’IA. Ils ont besoin de comprendre ce qu’elle change vraiment pour leur futur métier.
En novembre 2025, l’Ircom (Angers) confiait à Vincent Binet une intervention sur l’IA générative destinée à des étudiants de Bac+5 en Management de la Communication. Cinq mois plus tard, la mission était reconduite par écrit, élargie à trois jours et étendue à un nouveau Master.
C’est la différence entre une intervention ponctuelle et une relation pédagogique qui s’installe : ce n’est pas la même chose de convaincre une fois et de rester le nom qu’une école rappelle chaque semestre.
Cas concret
D’une journée seul en salle à trois jours reconduits
L’intervention du 20 novembre 2025 devait initialement se dérouler à deux voix. Quelques semaines avant la date, la co-intervenante s’est désistée pour raisons personnelles. Plutôt que d’annuler ou de réduire le format, la journée complète a été recalibrée pour être assurée en solo devant les étudiants de Bac+5.
Olivier Mathonat, directeur de la formation Management de la Communication, en a tiré une conclusion simple : reconduire la mission avant même d’attendre la rentrée suivante, et l’élargir. En avril 2026, l’Ircom proposait par écrit trois nouvelles journées pour novembre 2026 : une journée sur « L’IA générative en contexte professionnel », et deux jours de « Créer avec l’IA » pour la première promotion du nouveau Master Direction de projets ou établissements culturels, un diplôme d’État construit avec l’Université d’Angers.
Ces étudiants ne viennent pas du marketing. Ils arrivent de Lettres, d’Histoire, de Droit, pour se former aux métiers de directeur d’établissement culturel, de responsable de programmation ou de chargé de mécénat. L’enjeu pédagogique n’est donc pas de leur vendre l’IA comme une compétence technique isolée, mais de la rattacher à ce qu’ils vont vraiment faire : diriger un projet, communiquer une programmation, convaincre un mécène.
Olivier Mathonat a proposé la reconduction en évoquant directement une extension possible à d’autres cours de l’école, notamment le marketing digital et le social media, pour que l’IA irrigue plusieurs matières plutôt que de rester cantonnée à un seul module.
Olivier Mathonat, Directeur Formation Management de la Communication, Ircom
Questions fréquentes
Pourquoi enseigner l’IA à des étudiants qui ne viennent pas du marketing ?
Parce qu’ils vont diriger des projets, communiquer, convaincre des partenaires, quel que soit leur secteur. Un futur directeur d’établissement culturel a autant besoin de comprendre l’IA générative qu’un chef de projet marketing, simplement pour des usages différents : rédaction, préparation de dossiers de mécénat, veille sectorielle. L’erreur serait de leur enseigner l’IA comme une matière à part, plutôt que comme un outil au service de leur futur métier.
Comment garder un regard critique face à l’IA en formation initiale ?
En refusant la démonstration magique. Des étudiants qui voient l’IA produire un texte impressionnant sans comprendre ses limites en ressortent impressionnés, pas compétents. La méthode consiste à faire manipuler les outils sur des cas concrets, à confronter les résultats à des sources vérifiées, et à nommer explicitement ce qui relève de l’approximation plutôt que du fait.
Cette intervention est-elle liée au nouveau Master de l’Ircom ?
Oui, en partie. Le Master Direction de projets ou établissements culturels, diplôme d’État ouvert à la rentrée 2026 en partenariat avec l’Université d’Angers, inclut l’IA dans ses techniques de communication dès la première année. Les deux journées « Créer avec l’IA » prévues en novembre 2026 s’adressent à sa première promotion.
Un format en solo change-t-il la pédagogie par rapport à une intervention à deux voix ?
Cela change surtout le rythme. À deux, les intervenants peuvent alterner cadrage théorique et animation d’atelier. En solo sur une journée complète, l’équilibre se déplace vers plus de manipulation directe par les étudiants et moins de séquences frontales, pour éviter l’essoufflement d’un seul intervenant sur sept heures.
Cette approche s’étend-elle à d’autres cours de l’école ?
La discussion est engagée avec la direction de la formation pour infuser l’IA dans les cours de marketing digital et de social media, plutôt que de la garder isolée dans un seul module. L’idée : que les étudiants retrouvent une cohérence méthodologique d’un cours à l’autre, au lieu d’une session IA déconnectée du reste du programme.
Pour aller plus loin
Questions liées
Même exigence de manipulation concrète, appliquée cette fois à une équipe en entreprise plutôt qu’à des étudiants.
Ce que ces étudiants apprendront à faire pour eux-mêmes une fois en poste.
Le même tri entre levier réel, plomberie et mythe s’enseigne aussi bien à des étudiants qu’à des équipes en poste.
Vincent Binet, observateur du web depuis 1997. Conférencier Search Y Paris 2019 sur le déclin du trafic organique. Plus de 50 sessions IA animées depuis 2025.
Une école ou un établissement d’enseignement supérieur à accompagner sur l’IA ?
Ce format s’adapte à une journée de sensibilisation comme à un module intégré sur plusieurs semestres, quel que soit le profil des étudiants.